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Quelle est la différence entre une semelle et une longrine ?

Par Hélène · Publié le 4 septembre 2026 · 6 min de lecture

Une semelle est une fondation qui répartit directement les charges de la construction sur le terrain porteur. Une longrine est une poutre horizontale qui transfère les charges vers des appuis de fondation. La différence essentielle ne tient donc pas à leur forme, parfois proche, mais à leur fonctionnement mécanique et au chemin suivi par les charges.

Critère Semelle de fondation Longrine portée
Fonction Répartir une charge sur le sol Transporter une charge entre plusieurs appuis
Chemin des charges Structure → semelle → sol Structure → longrine → appuis de fondation → sol
Appui habituel Terrain porteur Semelles, massifs, plots, pieux, micropieux ou autres longrines
Usage courant Fondation superficielle sous un mur ou un poteau Port d’un mur, liaison de fondations ou transfert entre appuis espacés

À retenir : la semelle diffuse directement les charges dans le sol ; la longrine les conduit d’abord vers des appuis de fondation. Le choix dépend donc du chemin prévu pour les charges et des caractéristiques du terrain, non de la seule forme de l’ouvrage.

La semelle transmet directement les charges au terrain

Une semelle de fondation est placée sous un mur, un poteau ou un autre appui. Sa surface d’assise répartit la charge afin que le terrain porteur puisse la reprendre dans les conditions prévues par le dimensionnement de la fondation.

La semelle isolée reçoit généralement une charge ponctuelle, sous un poteau par exemple. La semelle filante est continue sous un mur ou une ligne de charges.

Le radier, qui forme une fondation étendue sous tout ou partie du bâtiment, appartient à une autre famille de fondations superficielles : ce n’est pas une troisième catégorie de semelle.

La longrine reporte les charges vers ses appuis

Une longrine est un élément de structure linéaire, généralement en béton armé ou précontraint. Lorsqu’elle est portée, elle fonctionne comme une poutre au niveau des fondations et prend appui sur des semelles, des massifs, des plots, des pieux, des micropieux ou d’autres éléments de fondation.

Une longrine portée travaille donc entre ses points d’appui. Elle ne doit pas être assimilée à une semelle filante simplement parce qu’elle se trouve sous un mur.

Selon son rôle, une longrine peut porter un mur, relier et solidariser plusieurs fondations ou participer au transfert d’efforts entre des appuis. On rencontre notamment les termes longrine de fondation, longrine de liaison et longrine de redressement.

Une longrine n’améliore pas à elle seule la portance du terrain. Lorsqu’elle transfère les charges vers des appuis ponctuels, ce sont les semelles, massifs, pieux ou micropieux qui doivent ensuite transmettre ces efforts au sol dans les conditions prévues par l’étude de fondation.

Une longrine n’est pas un simple chaînage

Les deux termes ne désignent pas automatiquement le même rôle structurel. Un chaînage sert notamment à solidariser les différentes parties d’une construction et à assurer leur continuité. Une longrine portée peut, elle, reprendre des charges et les transférer entre plusieurs appuis.

Un élément situé au niveau des fondations peut participer à plusieurs fonctions selon sa conception. Sa désignation ne suffit donc pas pour déduire son ferraillage ou son comportement : il faut se référer au plan et au calcul de structure.

Longrine et semelle filante ne sont pas équivalentes

Une semelle filante s’appuie de façon continue sur le sol, tandis qu’une longrine portée travaille comme une poutre entre des appuis. La présence des deux ouvrages sous un mur ne suffit donc pas à les confondre.

Une longrine ne remplace pas systématiquement une semelle. Elle peut relier des fondations ponctuelles ou reporter le poids d’un mur vers des appuis espacés.

Même lorsqu’elle occupe visuellement la place que pourrait avoir une semelle filante, le principe de fondation reste différent : la semelle transmet directement les charges au terrain sous sa surface d’assise, alors que la longrine portée les transmet d’abord à ses points d’appui.

Quand utilise-t-on une semelle ou une longrine ?

Les semelles conviennent généralement lorsqu’un terrain capable de reprendre les charges est accessible à faible profondeur et permet la réalisation de fondations superficielles.

Un système associant longrines et appuis ponctuels peut être retenu lorsqu’il faut porter une charge entre des fondations espacées ou reporter les efforts vers des appuis adaptés au projet.

Il faut toutefois éviter une règle trop simpliste du type « bon terrain = semelles » et « mauvais terrain = longrines ». La longrine ne résout pas, à elle seule, un problème de sol. C’est l’ensemble du système de fondation qui doit permettre de transmettre correctement les efforts vers le terrain.

Situation de principe Solution pouvant être étudiée Point déterminant
Mur avec terrain porteur accessible à faible profondeur Semelle filante Capacité du sol à reprendre les charges de façon continue
Poteau ou charge ponctuelle Semelle isolée Charge appliquée et portance du terrain
Mur porté entre plusieurs fondations ponctuelles Longrine portée Portée, charges et caractéristiques des appuis
Fondations à relier ou à solidariser Longrine ou dispositif de liaison adapté Fonction structurelle prévue par le calcul
Terrain nécessitant des appuis plus profonds Longrines associées éventuellement à des pieux ou micropieux Résultats de l’étude géotechnique et conception des fondations

En pratique, le choix dépend notamment des charges, de la profondeur du terrain porteur, des tassements possibles, de l’homogénéité du sous-sol, de la présence d’eau et du retrait-gonflement des argiles.

La nature du béton ne doit pas non plus être déterminée à partir d’une simple recette de chantier. Comme l’explique notre guide consacré au dosage du béton à 350 kg/m³, un dosage en ciment ne suffit pas à définir les performances d’une fondation ou d’un autre ouvrage structurel en béton armé.

Une étude géotechnique de conception permet d’adapter les prescriptions au terrain et au projet. En France, elle n’est pas obligatoire pour toute construction sans distinction, mais des obligations particulières concernent certaines opérations situées dans des zones d’exposition moyenne ou forte au retrait-gonflement des argiles.

Avant les travaux, faites déterminer le système de fondation et son dimensionnement par les professionnels chargés des études géotechniques et structurelles. Les dimensions d’une semelle, la portée et le ferraillage d’une longrine ou la profondeur des appuis ne peuvent pas être déduits de la seule apparence du bâtiment.

Semelle ou longrine : la différence à retenir

La question la plus utile n’est pas « lequel des deux ouvrages est le plus solide ? », mais où vont les charges ?

  • Avec une semelle, les charges passent de la construction à la semelle, puis directement au terrain.
  • Avec une longrine portée, les charges passent de la construction à la longrine, puis aux appuis de fondation avant d’atteindre le terrain.

Cette différence explique pourquoi une semelle filante et une longrine peuvent avoir une apparence proche tout en remplissant des fonctions différentes. Le choix entre les deux dépend du principe structurel retenu, des charges à transmettre et des caractéristiques du sol.